
Je me suis inscrite à la salle de sport, dois-je en faire un post Linkedin ? J'ai parcouru le Vietnam dois-je publier tous les jours des photos de paysages ? Je me questionne énormément sur le sens du mot "partager", dans un monde régi par la fameuse course à l'attention.
J'ai la sensation que partager sur les réseaux, se montrer, c'est la norme en 2025, et c'est presque une nécessité pour exister - ou en tout cas - pour se sentir exister.
Et oui je suis évidemment biaisée par mon milieu pro, et le milieu créatif dans lequel j'évolue à Paris.
Mais, dans ce contexte, est-ce qu'on peut partager sans devenir la caricature de soi-même ?
Est-ce qu'on peut créer, faire, grandir, sans devenir la caricature de soi-même ?
Est-ce qu'on peut sortir quelque chose de soi sans forcément exister en relation à - je ne sais pas - je me questionne.
Comme une femme qui fait un enfant et qui devient automatiquement mère.
Comme une personne dont le métier est de faire du pain et qui devient automatiquement boulanger.
Quand j'étais en Inde, en 2023, j'ai rencontré beaucoup de personnes qui étaient énormément éduquées sur les questions de spiritualité et de construction identitaire. De mon côté, je n'avais jamais quitté le système éducatif Français.
Je me suis beaucoup questionnée auprès de gens qui me disaient : si tu fais abstraction de ton travail, de tes relations, de ton statut, de tes hobbies, de ton diplôme, ta culture, tes goûts, que reste-t'il ?
Alors je me demande, maintenant en 2025, est-ce qu'on peut être plus que ce qu'on fait, que ce qu'on a, que ce que les autres perçoivent de nous ?
Oui je fais, mais c'est secondaire, là n'est pas mon identité.
Quand bien même, je pense qu'on a la responsabilité de ce qu'on livre au monde - mais c'est un autre débat).
Donc, ce que je fais c'est secondaire, là n'est pas mon identité.
Mais en même temps, un peu. Non ?
Dès lors comment évoluer dans une société qui valorise principalement les marques de reconnaissances extérieures, ce qui n'est pas nous finalement, ce qui nous dépasse - quand en réalité, on ne pourra jamais être plus que soi-même.
Donc en somme, comment faire en sorte qu'"être" suffise ?
Et je me souviens de cette citation de Maya Angelou, que j'avais trouvé quand j'étais plus jeune dans je ne sais plus quel livre, mais qui m'avais toujours marquée.
"Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n'oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir."
Ça me semble être une bonne perspective.
Prioriser le ressenti,
Parce qu'au final,
Vivre n'est pas simplement, ressentir ?
Et donc si l'on revient sur le rapport aux autres - certainement vivre en ne se demandant pas - qu'est ce qu'autrui perçoit de moi - mais plutôt qu'est-ce qu'autrui ressent quand il ou elle est en ma présence, ou recoit quelque chose de moi.
C'est en ce sens, que j'essaie d'axer ma philosophie de vie.